Biographie de Mr Joel THORAVAL
Biographie de Mr Joel THORAVAL

Ses talents d'écrivain

Pensée et action sociales de l'Église

Charité à cœur ouvert

Parle, Seigneur ton serviteur écoute

l'État devant le Juge pénal

Protection de l'enfant : Usages de l'internet

La vie spirituelle en politique

Prier 15 jours avec Mgr Rodhain

Avec les Yeux du cœur

Messages N 516

Messages N 543

Messages N 572

 

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Né en 1935, marié, père de trois enfants, Joël Thoraval, issu de l'ENA, a exercé durant trente-cinq ans des fonctions au service de l'État. Préfet de la Région Ile de France de 1994 à 1998, puis Président national du Secours Catholique de 1998 à 2004. Entre 2002 et 2008, il a été Président de la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH).

 

Il est l'auteur de Parle Seigneur, ton serviteur écoute (1998, Cerf-Parole et silence), de Charité a cœur ouvert (2004, cerf) et de

Pensée et action sociales de l'Église (2014, Parole et Silence).

 

 

Livre paru en avril 2014 aux Editions Parole et Silence

 

www.paroleetsilence.com



 

La Doctrine sociale de l'Église, c'est en priorité l'invitation à s'engager dans une démarche spirituelle pratique et quotidienne sous-entendue par une réflexion rationnelle de nature théologique et morale.

Elle s'adresse à tous « les hommes de bonne volonté » qui aspirent à donner du sens à leur vie et à consacrer leur foi ou leur idéal à la qualité de leur « relation avec l'autre » dans tous les domaines de la vie sociétale : famille, travail, politique, économie, écologie...

 

Extrait de l'introduction du livre de Mr Joël THORAVAL.

 

 

C'est une heureuse coïncidence que ce livre Pensée et Action sociales de Église voit le jour tandis que nous commémorons en cette année 2014 le dixième anniversaire de la parution du Compendium de la Doctrine sociale de l'Église (2004).

Dix ans déjà que cette synthèse absolument remarquable a été mise à la disposition du public ! On est en droit de se demander toutefois si le livre en question a véritablement connu le succès attendu. Il semble, en effet, que malgré tous les efforts déployés par l'Église pour faire découvrir sa Doctrine sociale, peu de chrétiens se soient donné la peine d'en découvrir le riche contenu.

En connaissent-ils d'ailleurs l'existence ? Ce n'est même pas si sûr. Et pourtant, alors qu'il paraît bien difficile aujourd'hui de se comporter en chrétiens dans un monde complexe en évolution permanente, il y a dans le corpus de la Doctrine sociale de l'Église une mine extraordinaire où les baptisés que nous sommes sont à même de trouver toutes les lumières nécessaires pour agir et témoigner au milieu du monde selon les critères de l'Évangile.

Dans les domaines d'investigation aussi variés que la politique, l'économie, l'éthique, la vie sociale, la culture, la science, la technique, l'écologie, l'Église offre par sa Doctrine sociale des principes de réflexion, des critères de jugement et d'action absolument indispensables pour œuvrer à la promotion d'un humanisme intégral et solidaire.

 

Extrait de la préface du livre par Mgr Thierry Scherrer, Évêque de Laval.

 

*******

 

III. »Valeurs de référence » : vérité, liberté, justice et charité. »

 

Page 141

 

«Pour pouvoir mettre en œuvre ces principes, encore faut-il que le citoyen, à tout le moins le chrétien, se réfère à des valeurs qui orientent son action et s'alimentent à des vertus qui en permettent la concrétisation. Ces valeur sont la Vérité, la Liberté et la Justice; quant à la vertu fondamentale qui est en même temps une valeur, c'est la Charité.

Vérité, liberté, justice et charité, voilà les quatre mots-clés de la vie chrétienne en société.»

 

 

Page 143

 

«En fait ,on constate que ces trois valeurs fondamentales que sont la vérité, la justice et la liberté sont étroitement articulées les unes aux autres, sans pouvoir être séparées, d'autant qu'elles sont elles-mêmes globalement enveloppées, inspirées et guidées par une quatrième valeur : la charité.

Cette dernière est le critère suprême et universel de l'éthique sociale toute entière. Seule la charité peut animer et modeler l'action sociale en direction de la justice et de la paix dans le contexte d'un monde toujours plus complexe. Dans cette perspective, la charité devient charité sociale et politique à la recherche inlassable du bien des personnes considérées non seulement individuellement, mais aussi dans la dimension sociale qui les unit.»

 

Page 153

 

«Au niveau du sens et de la valeur, le travail a enfin une troisième dimension : celle qui a trait à ses relations avec l'économie dans le difficile dialogue « capital-travail»

Rerum Novarum et Quadragesimo Anno dénonçaient déjà, lors de l'essor industriel de l'Europe et du Nouveau Monde, les tensions entre capital et travail. Mais aujourd'hui, les enjeux sont d'une autre ampleur du fait de la mondialisation avec son cortège de « nouveautés » que les encycliques appellent les resnovae : le développement inouï des moyens de communication, les innovations technologiques, le développement des services, la dérèglementation, les exigences de productivité, les délocalisations, la flexibilité de l'emploi.

 

 

19.1991- Jean Paul II Centesimus Annus (CA)

A l'occasion du centenaire de Rerum Novarum.

 

35 Le but de l'entreprise n'est pas uniquement la production de profit, mais l'existence même de l'entreprise comme communauté de personnes qui, de différentes manières recherchent la satisfaction de leurs besoins fondamentaux et qui constituent un groupe particulier au service de la société tout entière. Le profit est un régulateur dans la vie de l'établissement mais il n'en ai pas le seul : il faut y ajouter la prise en compte d'autres facteurs humains et moraux qui, à long terme, sont au moins aussi essentiels pour la vie de l'entreprise.

 

 

21.2009 – Benoit XVI Caritas in Veritate (CV). Sur le développement humain intégral dans la charité et dans la vérité.

Pages 58 à 59

 

40 On prend de plus en plus conscience de la nécessité d'une plus ample « responsabilité sociale » de l'entreprise …

La gestion de l'entreprise ne peut pas seulement tenir compte des intérêts de ses propriétaires mais elle doit aussi assumer ses responsabilités vis-à-vis de toutes les parties prenantes qui contribuent à la vie de l'entreprise : les travailleurs, les clients, les fournisseurs des divers éléments de la production, les communautés humaines qui en dépendent...

Investir revêt toujours, outre sa signification économique, une signification morale...

Ce qui doit être évité, c'est de faire un usage spéculatif des ressources financières...

Il n'est pas licite de délocaliser uniquement pour jouir de faveurs particulières ou, pire pour exploiter la société locale sans lui apporter une véritable contribution à la mise en place d'un système productif et social solide, facteur incontournable d'un développement stable.

 

41 Avant d'avoir une signification professionnelle, l'entreprise a une signification humaine...

L'articulation de l'autorité politique au niveau local, national et international est, entre autres, une des voies maitresses pour parvenir à orienter la mondialisation économique. C'est aussi le moyen d'éviter qu'elle ne mine dans les faits les fondements de la démocratie.

 

43 Aujourd'hui, nous sommes témoins d'une grave contradiction. Tandis que, d'un côté sont revendiqués de soi-disant droits, de nature arbitraire et voluptuaire, avec la prétention de les voir reconnus et promus par les structures publiques, d'un autre côté des droits élémentaires et fondamentaux d'une grande partie de l'humanité sont ignorés et violés...

L'importance exagérée accordée aux droits aboutit à l'oubli des devoirs. Les devoirs délimitent les droits parce qu'ils renvoient au cadre anthropologique et éthique dans la vérité duquel ces derniers s'insèrent et ainsi ne deviennent pas arbitraires.

 

45 Pour fonctionner correctement, l'économie a besoin de l'éthique; non pas d'une éthique quelconque mais d'une éthique amie de la personne...

Le système des certifications éthiques se répand à la suite du mouvement d'idées né autour de la responsabilité sociale de l'entreprise.

 

51 La société actuelle doit réellement reconsidérer son style de vie...

Une sorte d'écologie de l'homme, comprise de manière juste, est nécessaire. La dégradation de l'environnement est en effet étroitement liée à la culture qui façonne la communauté humaine: quand « l'écologie humaine » est respectée dans la société, l'écologie proprement dite en tire aussi avantage.

 

65 Toute l'économie et toute la finance, et pas seulement quelqu'uns de leurs secteurs, doivent en tant qu'instruments être utilisés de manière éthique afin de créer les conditions favorables pour le développement de l'homme et des peuples.

 

67 Face au développement irrésistible de l'interdépendance mondiale, et alors que nous sommes en présence d'une récession également mondiale, l'urgence de la reforme de l'Organisation des Nations Unies comme celle de l'architecture économique et financière internationale en vue de donner une réalité concrète au concept de famille des Nations, trouve un large écho.

 

 

Sur l'anno23.2013 -Pape François Evangelii Gaudium (EG).Sur l'annonce de l'Évangile aujourd'hui.

Pages 64 à 68

 

54 On a développé une mondialisation de indifférence.

 

58 L'argent doit servir et non pas gouverner.

 

62 Dans la culture dominante, le première place est occupez par ce qui est extérieur, immédiat, visible, rapide, superficiel, provisoire. Le réel laisse la place à l'apparence.

 

56 Alors que les gains d'un petit nombre s'accroissent exponentiellement, ceux de la majorité se situent d'une façon toujours plus éloignée du bien être de cette heureuse minorité Ce déséquilibre procède d'idéologies qui défendent l'autonomie absolue des marchés et de la spéculation financiers.

 

60 Les mécanismes de l'économie actuelle promeuvent une exagération de la consommation, mais il résulté que l'esprit de consommation effréné, uni à la disparité sociale, dégrade doublement le tissu social. De cette manière-là, la disparité sociale engendre tôt ou tard une violence que la course aux armements ne résout ni ne recoudra jamais.

 

189 La solidarité doit être vécue comme la décision de rendre au pauvre ce qu'il lui revient.

 

203 La dignité de chaque personne humaine et le bien commun sont des questions qui devraient structurer toute politique économique... C'est gênant de parler d'un Dieu qui exige un engagement pour la justice.

 

204 Nous ne pouvons plus voir confiance dans les forces aveugles et dans la main invisible du marché. La croissance économique dans l'équité exige quelque chose de plus que la croissance économique, bien qu'elle la suppose; elle demande des décisions, des programmes, des mécanismes et des processus spécifiquement orientés vers une meilleure distribution des revenus, la création d'opportunités d'emplois, une promotion intégrale des pauvres qui passe le simple artisanat.

 

218 La dignité de la personne humaine et le bien commun sont au dessus de la tranquillité de quelques-uns qui ne veulent pas renoncer à leurs privilèges.

 

 

238 L'Évangélisation implique aussi un chemin de dialogue. Pour l'Église, en particulier, il y a actuellement trois champs de dialogue où elle doit être présente : le dialogue avec les États, avec la société qui inclut le dialogue avec les cultures et les sciences, et avec les autres croyants qui ne font pas partie de l'Église catholique.

 

 

Livre paru aux Editions du Cerf

 

www.editionsducerf.fr



 

Soir d'automne 1997. Il est vingt et une heures, le téléphone sonne. Un appel de l'évêque de Poitiers.

 

Rien de surprenant car je connais Mgr Rouet depuis 1959 : nous étions alors en Algérie, dans une école d'application, dont l'épreuve de sortie comportait une marche de trente kilomètres sous un soleil de plomb, avec fusil et sac à dos rempli de sable ! C'est à un stand de contrôle que nous avons échangé nos premières paroles. Un souvenir que je n'ai jamais oublié...

 

Mais cette fois-ci, ce n'était pas l'heure d'évoquer nos jeunes années. Ses propos furent directs :

« On cherche un président pour le Secours catholique et voilà l'objet de mon appel. »

 

En fonction depuis quatre ans comme préfet de la région Île-de-France et de Paris, âgé de soixante deux ans, j'avais consacré toute ma vie professionnelle au service de l'État dans les fonctions les plus diverses en administration centrale, outre-mer et sur le terrain comme sous-préfet puis préfet.

 

Le temps de réflexion pour répondre à la question posée par Mgr Rouet fut bref. Après quelques échanges avec mon épouse, c'est ensemble qu'il nous a semblé naturel de donner une suite positive à cette proposition.

Une occasion se présentait à nous pour changer de vie, d'autant que j'étais sur le point d'achever l'écriture d'un livre consacré à une méditation sur les textes de la Bible.

Nous étions heureux de servir l'Église après avoir servi l'État. Quelques mois plus tard, j'entrais au Conseil d'administration du Secours catholique.

 

Le 1er juillet 1998, au lendemain de ma démission de ma

charge préfectorale, j'étais élu président national.

 

Extrait de l'avant-propos de son livre par Joël THORAVAL

 

 

Livre paru en 1998 et réédité en 2004 aux Éditions du Cerf et aux Éditions Parole et Silence.

 

www.editionsducerf.fr

 

www.paroleetsilence.com


 


Cette aventure est celle de toute une vie.

 

Elle trouve ses racines dans le déroulement de ma propre existence, personnelle, familiale et professionnelle. Elle est nécessairement marquée par les faits historiques majeurs qui ont ponctué

toute la seconde moitie de ce siècle.

 

La seconde moitié du XX siècle : une période historique d'exception qui incite a la réflexion intérieure.

 

Avec d'autres, mon enfance connaît les bombardements des années 1942-1944 et la captivité de mon père. Ma jeunesse est marquée par la bombe d'Hiroshima, la guerre froide, et la fin de mes études par celle de l'Algérie.

Plus tard, la révélation des horreurs de la Shoah, de la Corée, du Biafra, du Viet-mân, de l'Afghanistan bouleversent les consciences et m'interrogent en profondeur.

 

Dans le même temps les mœurs évoluent : mai 1968 marque une fracture, les droits de l'homme prennent une dimension différente, Vatican II s'efforce d'adapter l'Église à la nouvelle donne. Le développement accéléré de la science, de la technique, du confort façonnent une société en pleine mutation.

 

Appartenant à la génération immédiatement antérieure à 1968, élevé et éduqué sur le modèle traditionnel, il me faut repenser ce qui allait de soi pour moi. À l'écoute de ce siècle finissant, si riche en forces nouvelles et pourtant si terrifiant par ses horreurs, quelle place faire à Dieu s'Il existe vraiment ?

 

Une carrière professionnelle engagée

 

Tout au long de ce fil historique hors norme, sur le plan professionnel, j'exerce sans discontinuité de 1963 à 1998 des fonctions au service de l'État, au ministère de l'Intérieur : seize ans sous-préfet, dix-neuf ans préfet. Pour beaucoup, à première vue, la carrière préfectorale se limite à la politique, aux honneurs et au protocole. Rien de compatible à priori avec une réflexion intérieure et un questionnement spirituel.

 

C'est mal connaître le métier préfectoral. Serviteur de l'État, dépositaire de l'intérêt général, le représentant territorial de la République est au service de tous. Tenu au devoir de réserve, représentant d'un État laïc, il a accès à tous les milieux, rencontre les représentants de tous les cultes et des divers courants de pensée. Le métier préfectoral ouvre sur la tolérance et la justice sociale.

 

Une vie familiale

 

Il m'a été donné de vivre avec mon épouse et nos trois enfants des moments de bonheur intense et des difficultés nées de l'évolution des fondements de la famille. Mais, avec le recul, ces épreuves se traduisent par une épuration des sentiments qui permet de gravir quelques degrés supplémentaires dans l'amour de l'autre.

 

Extrait de la présentation de son livre pat Joël THORAVAL.

 

 

Mr Joël Thoraval dédicaçant son livre

« Parle, Seigneur ton serviteur écoute »

en 1999.

 

La vie spirituelle En politique

des Éditions du Cerf en 1999

 

Les hommes politiques ont -ils une âme ? (Roger Fauroux)

Engagement de l'homme public et chemin de vie intérieure

(Joël Thoraval)

Edmond Michelet : un chrétien en politique (Xavier Patier)

Une politique du chrétien Mauriac (Sébastien Lapaque)

Simone Weil et la critique des idole

(Daniel Cadrin)

 

Éditorial de FR. Philippe Verdin

« Aujourd'hui encore une fois, nos concitoyens regardent avec défiance l'univers de la politique. Les analystes énumèrent à satiété les causes de cette suspicion pour la chose publique.

Ce qu'on peu appeler au mieux un désintérêt inquiète légitimement les responsables religieux. Les évêques français ont jugé urgent de rappeler avec Thomas d'Aquin et le concile Vatican II, dans la déclaration Réhabiliter la politique, que la politique est le champ le plus vaste de la charité. Les chrétiens ne doivent pas déserter ce champ d'action privilégié du service du bien commun. Plus que jamais une réflexion et un engagement inspirés par la règle des béatitudes dans les domaines sociaux, syndicaux culturels, éducatifs, associatifs et législatifs sont nécessaires, puisque rien de ce qui regarde le développement de l'homme ne saurait être étranger au souci du chrétien. L'usure des doctrines et des hommes politiques, qui ne survient plus au temps d'une saison publicitaire, les réclame. Les exemples pas si lointains d'Edmond Michelet et de François Mauriac les encouragent.

Texte de Joël Thoraval :

« Comment s'engager au service de l'État comme préfet pendant tant d'années et méditer durant dix-sept ans les textes de la Bible ? Est-ce possible de concilier l'exercice quotidien de autorité. Les aléas de la vie politique, le devoir de réserve, le poids des obligations, les impératifs d'emploi du temps, les conventions de la vie mondaine et les tentations du carriérisme avec une réflexion sereine sur les Écritures ? Plus largement, peut-on conduire une vie spirituelle authentique sous les feux croisés de l'urgence, de l'agitation et des exigences souvent futiles de la vie dans le monde, qui plus est, dans le monde politique ?

Page 439

« L'homme public dans le monde »

et sa rencontre avec la Bible

« Pratique de la foi et vie publique sont à première vue difficilement conciliables. Le militaire est confronté aux lois de la guerre, le diplomate à la raison d'État, le magistrat aux contingences du droit, le financier aux règles du Trésor. Le ministre, le parlementaire, l'élu local sont respectivement liés par la solidarité gouvernementale, la ligne politique arrêtée par son parti et les nécessités propres à la nature de son mandat.

Les fonctionnaires d'autorité, tels que les préfets et les sous-préfets, sont plus que d'autres liés par leur devoir de réserve et le respect des directives reçues. La primauté de la loi, le principe de laïcité, la diversité des partenaires et de leur sensibilité philosophique, politique et personnelle. Impliquent retenue et discrétion. Les enseignements de l'histoire, le poids de la tradition républicaine, la déontologie des grands corps de l'État et de la fonction publique dans son ensemble conduisent à une neutralité sans faille. »

Page 441

« Le métier préfectoral, métier public s'il en est, est donc une vocation ouverte au monde et aux hommes. Mais, même s'il est exercé dans une société laïque, il n'exclut pas, bien au contraire, un enracinement spirituel personnel dont je n'ai pris conscience qu'au fil du temps. Deux éléments liés l'un à l'autre ont « porté » cette réflexion : des questionnements incessants et une souffrance intérieure devant la banalisation du spirituel. Les questionnements sont liés à la nature de mes études initiales (les sciences politiques et le droit), à l'actualité internationale de cette deuxième moitié du XXe siècle (guerre 1939-1945 et ses horreurs, guerre froide, décolonisation), aux transformations de la société française (guerre d'Algérie vécue sur le terrain, 1968, crise économique) et au bouleversement des valeurs et des repères jusqu'au sein de la cellule familiale. Pour mieux comprendre, je me suis attaché à approfondir les grandes périodes de l'histoire puis les idées philosophiques. En vain. En fait, je découvrais progressivement et je mesurais de plus en plus l'intensité d'une souffrance personnelle, partagée en couple avec mon épouse, devant la banalisation du sacré, le recul du spirituel et une sorte d'agonie de la perception de Dieu. »

Page 442

La force unifiante de la Bible :

la vie dans le monde et la vie intérieure vécues dans le Christ

«  On comprend ainsi qu'entre le service de l'État et celui du Secours catholique, il n'y a qu'un pas à franchir, marqué par un trait d'union, celui du regard tendu vers l'homme blessé. Ainsi, la vie publique favorise une contemplation de Dieu dans son mystère et dans la souffrance du monde, en méditant sans cesse la sacrifice rédempteur du Serviteur souffrant qui a pris sur ses épaules cette souffrance scandaleuse pour en libérer une humanité déchue, désorientée, et pourtant avidement désireuse de lumière et de paix. »

Page 447

 

 

L'État devant le juge pénal

 

Débat Joël Thoraval / Pierre Truche :

Le préfet et le juge

 

Joël Thoraval

Ancien Préfet d'ile de France de septembre 1994 à juillet 1998

et

Pierre Truche

Licencié en droit entré dans la magistrature en 1955, Successivement nommé substitut du Procureur à Arras, Dijon et Lyon. Après un passage de quatre années à l'École Nationale de la Magistrature, en tant que directeur des études, puis directeur adjoint, Pierre Truche est nommé avocat général près de la Cour d'appel de Grenoble en 1978, Procureur de la République à Marseille de 1982 à 1984, puis Procureur général à de la Cour d'appel de Lyon, en 1988 il prend la tête du Parquet général de la Cour d'appel de Paris et devient ensuite Procureur général près de la Cour de cassation de 1996 jusqu'à sa retraite en 1999.

Il sera ensuite président de la CNCDH

 

 

M Thoraval.

 

«  J'ai été préfet pendant plus de 35 ans et je constate que ce n'est que depuis dix ou quinze ans que ces problèmes de responsabilité pénale se posent de manière aiguë .

Être préfet en l'an 2000, ce n'est plus du tout la même chose qu'en 1970, sur le plan pénal bien sûr, mais aussi sur le plan de l'exercice de l'autorité.

Les raisons de cette évolution sont connues mais, dans la mesure où nous sommes dans le cadre d'un échange qui entend synthétiser les réflexions, j'en évoquerai quelques-unes.

Première raison : l'inflation du droit et le développement de l'individualisme. L'inflation du droit (100 000 lois toujours vivantes et 1 350 lois votées en 1995) est un facteur croissant de complexité pour ceux qui sont chargés d'appliquer ce foisonnement normatif.

Parallèlement les droits individuels tendent à l'emporter sur le contrat social. Il n'y a plus de droit objectif, de droit en soi à l'image du concept de justice inscrit au frontispice de nos palais, qui ne soit contrebalancé par des droits individuels.

Paradoxalement, nous assistons à la fois à un affaiblissement du rôle de l'État politique et exécutif et à une montée en puissance de l'État justice, sous la forme d'une judiciarisation de la vie publique. »

 

 

Avec les Yeux du cœur

Charité et spiritualité

de Paul Josef Cardinal Cordes

 

 

 

Préface de Benoit XVI

 

C'est l'amour de Dieu pour l'homme qui nous pousse à soulager la misère. Dans le prolongement de l'encyclique Dieu est amour, ce livre pose un regard nouveau sur l'activité caritative en remontant à sa source : les structures indispensables à l'exercice de la charité dans l'Église ne peuvent que s'enraciner dans la foi en l'amour du Christ qui engage au service du prochain.

 

«  je me réjouis que le Cardinal Cordes reprenne et amplifie avec beaucoup de force l'impulsion que j'ai tenté de donner avec mon encyclique Deus caritas est. Je me félicite de la publication de ce live (…) je souhaite que le lecteur l'écoute avec le cœur afin qu'il y trouve une incitation à pratiquer cet amour et à approfondir sa communion avec Jésus-Christ. »

(Benoit XVI)

 

Le Cardinal Paul Josef Cordes, docteur en théologie et en philosophie, est depuis 1955 président du Conseil pontifical « Cor Unum », et à ce titre responsable de la caritas du Pape et des œuvres caritatives de l'Église au niveau international.

 

Avec les contributions de Joël Thoraval, président d'Honneur du secours catholique (préface à l'édition française), Jacques Turk, aumônier national du CCFD, et Udo di Fabio, juge de la Cour constitutionnelle fédérale allemande.

 

Traduit de l'allemand par Michel Hourst

 

 

Livre paru en avril 2009

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